Née à Montréal en 1947,  Johanne s’intéresse aux arts dès son enfance. Non seulement est-elle entourée d’une famille de musiciens, elle joue elle-même le piano pendant quelques années. 
Tout au long de son parcours, elle rencontre des personnes déterminantes qui lui inspirent un cheminement de carrière quelque peu excentrique. Elle bénéficie d’une bourse pour étudier à l’Université de Genève, en Suisse, où elle obtient une licence de thérapeute en psychomotricité.
De retour au bercail, elle travaille en pédopsychiatrie aux hôpitaux Ste-Justine et Maisonneuve-Rosemont. Elle navigue alors dans des eaux souvent troubles du dysfonctionnement de l’être humain, mais aussi de son potentiel extraordinaire. Elle relèvera sans cesse le défi d’aider des enfants à retrouver une image positive de leur corps et à entrer en relation avec les autres, en dépit de leur maladie. Son travail la plonge donc dans un univers de création, car l’implication thérapeutique à travers le jeu exige une imagination fertile et un renouvellement constant.
En 1976, elle s’offrira une escapade professionnelle au Mexique pour une période de trois ans. S’intégrant à une équipe du Centre d’investigation et de recherche pour les indigènes de l’état d’Oaxaca, elle travaille auprès d’enfants provenant de milieux défavorisés. Elle participe aussi à l’écriture d’un ouvrage en espagnol, en se consacrant spécifiquement au volet psychomoteur du développement de l’enfant.
Elle profite de ce séjour à Oaxaca et à Mexico pour voyager en Amérique latine.
En 1988, suite à une étape marquante, elle s’investit dans l’expression picturale et expérimente le pouvoir bienfaisant de l’art: un point déterminant dans son évolution. Quelques mois plus tard, grâce à son conjoint, Jean Gagnon, elle a l’occasion d’installer son atelier à la campagne et de peindre intensivement pendant plusieurs weeks-ends en explorant différents médiums tels la gouache, le pastel à l’huile et l’acrylique. 
Encouragée par son entourage, elle s’inscrit à l’école des Beaux-arts du Centre Saidye Bronfman. Elle continue sa formation auprès de l’artiste peintre Francine Labelle et, depuis 2000, elle fréquente l’Atelier du geste, à Montréal, dirigée par Andrée Bonard. Depuis, elle poursuit sa recherche artistique sans relâche, tout en participant à plusieurs expositions collectives ainsi qu'à une exposition solo (2016) et à une exposition en duo (2018).
Au cours de toutes ces années, les peintres Bacon, Baselitz et Giacometti seront ses mentors. Au terme de sa carrière professionnelle, elle se tourne résolument vers la peinture laissant émerger ce qui l’habite. Ou alors, c’est lors d’un concert, d’une pièce de théâtre ou même parfois d’un film, qu’elle griffonne son inspiration sur le champ, comme pour capturer ce qui pourrait lui échapper.
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