Découvrir son univers, c’est côtoyer le silence. C’est accepter de nager en eaux profondes en s’apprivoisant à son regard franc, courageux et compatissant. Lorsqu’elle parle de sa démarche elle dira simplement : « Mes personnages s’imposent à moi. Ils reviennent toujours. Je ne sais pas trop comment ils apparaissent et s’incarnent, mais j’y travaille jusqu’à les aimer. » C’est pour elle une rencontre à l’aveugle avec chacun de ses personnages. Pour les spectateurs, c’est aussi un rendez-vous surprise, car la peinture de Johanne Durivage ne laissera aucun regard indifférent.
Pas comme les autres, dit-on parfois à son sujet, elle représente le corps humain comme si elle le pressentait de l’intérieur. Elle s’autorise une mise à nu, en révélant une vérité cachée ou un état d’âme camouflé.
Elle soutient l’insoutenable, en osant mettre un visage sur la fragilité, la souffrance et la marginalité. Elle dévoile et magnifie la part d’ombre que tout être humain porte en lui, et la fragilité de ces personnages nous touche droit au cœur.
Le corps n’est-il pas un abri pour l’âme?
Empreints de gravité, ces corps écorchés, asymétriques ou frêles semblent parfois sortis des limbes pour nous rappeler notre propre douleur, notre finitude et par conséquent, peut-être même, l’urgence de vivre. Johanne est une femme plutôt discrète qui laisse ses personnages créer leur effet. Comme un pavé dans la mare. Intéressant.
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